Vendredi lecture (d’avant les vacances)

Comme prévu, le retour de la chaleur à Paris m’a fait replonger le nez dans les bouquins – passés les 28°, je ne suis plus bonne à grand chose d’autre, de toutes façons (ma moitié bretonne a clairement pris le pas sur la moitié corse sur ce plan).

L’Auberge de la Jamaïque (Daphne du Maurier, évidemment) : encore un livre que je n’avais pas relu depuis … au moins tout ça. C’est désormais chose faite ! J’ai aimé, adoré, même si la traduction m’a souvent fait tiquer (concordance des temps, paysanne qui parle au passé simple comme la pire des précieuses …), mais bon. Il va falloir que je me trouve une autre édition, ça a failli rompre le charme du roman – failli, car même des entorses grammaticales n’ont pas réussi à annihiler toute la subtilité de cette auteure.

J’ai ensuite enchaîné avec une série noire de livres tout à fait oubliables – Bérénice 34-44 (Isabelle Stibbe), qui aligne des séries d’envolées lyriques sans aucune ponctuation qui semblent être à la mode. Le sujet est à peine effleuré (une jeune fille, juive par ailleurs, sacrifie tout à sa passion pour le théâtre dans les années 30 en France. Il suffit d’avoir suivi des cours d’histoire pour connaître la fin) … Tant d’éléments auraient pu être creusés, exploités … Là où Henri Troyat aurait écrit une sublime fresque familiale et historique en plusieurs tomes que personne n’aurait eu envie de refermer, on hérite d’une vague succession de rebondissements. La schkoumoune m’a poursuivie avec Les vaches de Staline (Sofi Oksanen), que je suis bien contente de ne pas avoir payé (je l’ai trouvé dans le hall de l’immeuble) ; les ellipses, non-dits, et circonvolutions en tous genre ont fini par avoir raison de moi. Du coup j’ai zappé environ 80% du livre, que j’ai survolé uniquement pour connaître la fin. Puis il y a eu Les Indésirables (Diane Ducret), qui a transformé un thème en or et méconnu (les femmes de nationalité « ennemie » enfermées par principe de précaution pendant la Seconde Guerre Mondiale) en un truc qui ressemble à une rédaction de français un peu longue d’élève de 3e B (mention spéciale au dénouement, bâclé comme quand il reste dix minutes d’exam et qu’il faut faire rentrer un maximum d’éléments en un minimum de temps en espérant gratter des points).

Ensuite, il y a eu Jamais assez maigre (Victoire Maçon Dauxerre) ; la sortie de ce livre avait fait pas mal de tapage il y a deux ans – et à raison : l’auteure y raconte sa trajectoire éphémère en tant que mannequin de l’agence Elite. C’est très bien raconté, sans fards ni chichis (sont racontés les laxatifs à haute dose finissent par vous démonter le pétaradant, par exemple). Je l’ai dévoré (hahaha) en moins de 24 heures – évidemment, j’ai été effarée de voir combien ce monde est déconnecté de la réalité, mais j’ai surtout halluciné devant la réaction des parents, qui tantôt l’encouragent à abandonner, tantôt la poussent à s’accrocher (comment ? Comment peut-on encourager son enfant à continuer dans ses efforts quand ils consistent à s’affamer ?). Bref, je recommande.

J’ai enchaîné avec L’emprise du passé (Charlotte Link) : derrière ce titre digne d’une mauvaise romance, se cache en réalité un thriller plutôt pas mal (Royaume-Uni, époque contemporaine, plusieurs intrigues qui s’entremêlent pour finir par se rejoindre). Je suis ensuite retombée dans la spirale des daubes avec Seulement si tu en as envie (Bruno Combes) : les gentils sont beaux et intelligents, les méchants sont moches et ne savent pas s’habiller, Machine est amoureuse de Machin depuis toujours sans le savoir elle-même et son mari ne la rend pas heureuse mais ouf, Machin réapparaît dans sa vie … Et en plus, c’est mal écrit. (Seul point positif de ce livre : je ne l’ai pas payé)

Pour me remettre de mes émotions, j’ai pris Médecin du RAID, dans lequel Matthieu Langlois (médecin au RAID, donc) raconte ce qu’il a vécu le 13 novembre 2015, mais aussi son expérience lors de la prise d’otages de l’Hyper Casher en janvier 2015, et du siège de l’appartement de Mohamed Merah en 2012. C’est globalement factuel (évidemment, on n’échappe pas à quelques compliments aux collègues, mais bon), mais là encore le récit est sobre et sans chichis. Pas franchement recommandé en période de déprime, mais vraiment très intéressant.

Puis Noir sanctuaire (Preston & Child) – un policier un peu fantastique sympa sur le moment, qui ne m’a pas laissé un souvenir inoubliable. Ensuite j’ai pris Fendre l’armure, qui m’a permis de retrouver la plume d’Anna Gavalda que j’avais adorée avec Ensemble, c’est tout, Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part … . Je n’avais pas du tout accroché à ses trois, quatre derniers romans donc j’appréhendais un peu la lecture de ce recueil, et finalement, j’ai été conquise.

J’ai eu moins de chance avec la suite (schkoumoune un jour, schkoumoune toujours), à savoir Le Fantôme de l’Opéra (acheté à la fin de l’escape game, évidemment). J’allais dire que j’avais eu un peu de mal à entrer dedans, mais en fait je crois que je n’ai jamais réussi à y plonger vraiment. Les cinquante à soixante-dix dernières pages m’ont plus intéressée – j’ai envie de dire, il était temps (enfin un retour sur investissement), mais je ne me suis identifiée à aucun personnage, aucun ne m’a spécialement touchée … Mais bon.

Voilà, c’est tout pour cette fois-ci (ça me paraît déjà pas mal). Bonnes vacances aux vacanciers, bon courage aux autres (en ce qui me concerne, je vais dormir pendant au moins deux ans, on se retrouve après). La bise sur vos popotins !

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2 commentaires pour Vendredi lecture (d’avant les vacances)

  1. Isa dit :

    laisse mon popotin tranquille, nanmého!!

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